L'ambiance était particulièrement tendue hier soir, à l'occasion de la réunion du Conseil municipal qui a notamment examiné le texte du règlement intérieur.
La séance précédente avait donné le ton : il serait difficile de trouver un accord sur ce texte, Joëlle Ceccaldi-Raynaud n'étant absolument pas décidée à faire marche arrière sur les dispositions les plus critiquées par l'opposition (lire l'article : Le réglement intérieur du conseil municipal ne permet pas le fonctionnement d'une bonne démocratie locale).
Personnellement, je regrette ce manque d'ouverture et ce dialogue de sourd. Le dialogue, ce n'est pas seulement écouter poliment son interlocuteur, avant de balayer d'une phrase toute son argumentation et d'imposer son point de vue sous le prétexte qu'on a la majorité. Certaines réparties de Joëlle Ceccaldi me rappellent ainsi ce propos d'André Laignel adressé à la droite en 1981 : "vous avez juridiquement tort, parce-que vous êtes politiquement minoritaire". Le vrai dialogue, c'est l'art du compromis, des concessions réciproques.
Des concessions réciproques, il n'y en aura point. Le maire a décidé de passer en force avec sa majorité :
- pour réduire l'espace d'expression de l'opposition dans Puteaux Info (chacune des composantes de l'opposition disposera désormais d'un sixième de page, au lieu d'un quart de page pour s'exprimer),
- pour limiter voire empêcher la retransmission du Conseil municipal en vidéo sur Internet,
- pour refuser de porter de 3 à 5 par groupe le nombre de questions orales posées en fin de séance sur des sujets choisis librement (les autres interventions doivent uniquement porter sur les sujets à l'ordre du jour),
- pour interdire la connexion à Internet des ordinateurs portables des élus pendant la séance,
- pour refuser la retranscription intégrale des débats dans le procès verbal du Conseil municipal,
- pour refuser d'ouvrir les commissions extra-municipales à l'opposition, montrant ainsi sa divergence avec l'esprit d'ouverture de Nicolas Sarkozy,
- etc.
J'ai même été la cause d'un amendement supplémentaire : l'interdiction d'utiliser un appareil photo dans la salle du Conseil. En effet, alors que je voulais prendre une photo (sans flash) pour illustrer mes billets de compte-rendu, Madame le maire m'a vivement réprimandé, m'accusant de lui manquer de respect (sic) ! Il n'en fallait pas plus pour rajouter un interdit de plus au règlement intérieur et me menacer d'écrire au Préfet pour l'informer de mon comportement (il faut voir en cela, une tentative de diversion visant notre intention de demander un contrôle de légalité sur plusieurs points du règlement intérieur). Drôle de conception de la liberté d'information. Dans ce cas, que la mairie nous donne accès aux clichés du photographe officiel et nous donne l'autorisation de les publier en mentionnant leur auteur.
Je regrette vraiment le refus d'ouverture de Joëlle Ceccaldi, car un document de cette nature, dans la mesure où il définit les règles de fonctionnement du Conseil municipal pour les 6 ans à venir, aurait mérité de faire l'objet d'un large consensus et d'être adopté à l'unanimité des conseillers municipaux.
Ambiance tendue également, lorsqu'Evelyne Hardy a demandé des explications sur le coût de l'opération Puteaux en plage, notamment en regard des coûts de la base nautique de l'opération la mer à Suresnes. Là aussi, la majorité n'accepte ni dialogue, ni suggestion. La proposition de Christophe Grébert d'étendre le ponton en direction de Neuilly et de la gérer l'opération en intercommunalité a même été tournée en dérision "et pourquoi pas construire un port ?" lui a rétorqué ironiquement Joëlle Ceccaldi-Raynaud.
Enfin, Madame le Maire n'apprécie pas non plus que l'opposition puisse s'intercaler entre elle et les Putéoliens. Ainsi, prétextant un doute sur l'origine des questions posées au nom des Putéoliens (dont nous ne fournissons que les prénoms), Joëlle Ceccaldi rétorque que ceux-ci n'ont qu'à écrire directement à son cabinet. Et que fait la majorité de la transparence ?



















Sa position intransigeante sur ce sujet est tout simplement scandaleuse !
Rédigé par : Florent | 05 juin 2008 à 08:09
Je suppose qu'eu égard à la jurisprudence dominante, une note sera communiquée au Préfet ou encore qu'un recours préalable sera mis en oeuvre à l'initiative d'un ou plusieurs Putéoliens, avant saisine du TA ? ? ?
Je croyais que depuis 1789, les Français aimaient passionnément la liberté de s'exprimer. Plusieurs évènements récents dont la soumission des Conseillers de la majorité démontreraient le déclin de cet engouement-là.
DS
Rédigé par : D. Stern | 05 juin 2008 à 09:27
vous avez certainement confondu le conseil municipal avec Disneyland, car il n'y avait ni Mickey ni Mini à prendre en photo ...
Rédigé par : puteaux liberté | 05 juin 2008 à 09:52
Les bonnes intentions de Joëlle Ceccaldi-Raynaud n'auront pas duré longtemps. Elle attend beaucoup d'une opposition dite "constructive", mais se complait à vouloir faire comme si elle n'existe pas.
Ce n'est pas à mon sens une volonté de nuire de sa part, mais la cruelle réalité qu'elle ne dispose d'aucun sens politique.
Elle entend durant ce mandat poursuivre sur la ligne : "je suis chez moi, en famille, et je fait comme il me plaît...".
C'est un signal négatif qui nous confirme que.....rien n'a changé.
De plus, si Joëlle Ceccaldi-Raynaud trouve déplacé que tu prenne des photos en séance, il convient de lui faire savoir qu'il est inconvenant de sa part de laisser "la meute hurlante" qui encombre les travées de la tribune du public, pousser ses cris et ses acclamations de soutien.
Madame La Députée-Maire, pour une fois dans votre carrière, tentez de faire les choses avec rigueur et justesse....pour le bien de TOUS les putéoliens.
Rédigé par : Régis Sada | 05 juin 2008 à 11:23
Si c'est aussi grave que vous le dites, saisissez donc le TA!
La procédure est gratuite...
Rédigé par : Nemosus | 05 juin 2008 à 13:18
Vous avez le talent Frédéric de tourner les faits et de les réduire à votre avantage.
Non ce n'est pas rien de prendre des photos lors d'une assemblée! Vous ne pouvez le faire à l'Assemblée Nationale ni au Sénat! Cela ne vous serez même pas venu à l'esprit. Alors pourquoi le conseil municipal. Pour faire sensation?
Non, le règlement intérieur n'est pas à votre disposition mais relève des prérogatives du Maire qui a parfaitement le droit d'instituer un règlement intérieur qui convienne à sa majorité!
Quant à d'inénarrable donneur de leçons qu'est Monsieur régis Sada le grand défenseur des opprimés et de la différence, je constate qu'il dérape et que cela ne le gène pas de traiter de "meute hurlante" des citoyens qui assistent au conseil municipal. Pourquoi pas de chiens pendant qu'il y est.
Comme je le dis sur mon site Frédéric je ne m'attendais pas à cela de votre part! Mais bon, c'est peut-être un coup de fatigue.
Bien à vous
Gérard Brazon
Rédigé par : Gérard Brazon | 05 juin 2008 à 22:13
Cher Gérard,
L'opposition constructive ne veut pas dire soumission.
Il ne vous a pas échappé que, lorsque j'ai voulu prendre cette photo pour illustrer les colonnes de ce blog que vous lisez régulièrement, il n'y avait pas de règlement intérieur pour l'interdire ! L'interdiction est entrée en vigueur quelques minutes après, lorsque le règlement intérieur a été approuvé par la majorité. Or ce qui n'est pas interdit, est par définition, autorisé. Votre argument sur l'Assemblée nationale et le Sénat ne tient pas: les règlements intérieurs de ces assemblées ne s'appliquent pas au Conseil municipal de Puteaux.
Je vous laisse votre point de vue sur Régis Sada. Mais permettez-moi de m'étonner que vous le critiquiez en lui prêtant des mots qu'il n'a pas prononcés.
Personnellement, je me bats pour qu'à Puteaux, le débat d'idées prenne le pas sur les insultes et les attaques personnelles. Ce n'était pas le cas jusqu'à présent, bien avant que je m'engage en politique dans notre cité.
Avant de critiquer Régis, vous pourriez peut-être reprendre Olivier qui, dans un commentaire sur votre blog, à propos de cette affaire de photos écrit : "Il a cru voir Mini ou Mickey, tu m'étonnnes, avec Kaliméro qui se croit à Disneyland ... bientôt ils vont venir en tong et en short tellement ils viennent en touristes ... Aucun argument préparé, rien." Il y a là une attaque personnelle et ces propos sont diffamatoires.
Je laisse les Putéoliens juger de ce qui est le plus grave : prendre une photo sans flash de mon siège de conseiller municipal ou bien dépenser 65 millions d'euros des réserves de la ville sans le dire à la population ? Si la majorité a le droit de dépenser la cagnottes, il est discutable de vouloir le cacher à la population. Au fond, Puteaux, c'est un peu l'Empire romain : "Du pain et des jeux !". Dormez bien, chers concitoyens, amusez-vous bien, Joëlle Ceccaldi veille sur vous !
Pour ma part, je respecte trop le suffrage universel pour ne pas reconnaitre qu'il y a une majorité pour 6 ans. Mais, nous verrons bien si ce score sera confirmé en 2014 quand la population sera parfaitement informée de la gestion de la ville, en toute transparence.
Ce n'est pas la réduction de notre espace d'expression dans Puteaux infos qui y changera quelque chose.
Quant "aux prérogatives du Maire qui a parfaitement le droit d'instituer un règlement intérieur qui convienne à sa majorité!", nous laisserons le soin au Préfet de trancher la question en contrôle de légalité et au tribunal administratif de se prononcer sur ce point.
Cordialement,
Frédéric Chevalier
Rédigé par : Frédéric-Michel Chevalier | 05 juin 2008 à 23:09
Bonsoir,
Merci pour le temps que vous nous consacrez. Depuis le début, vous faites du très bon travail, félicitations !
J'ai plusieurs questions pour Gérard car je n'ai pas trés bien compris ce qu'il a voulu dire et j'avoue que je sèche :
Qu'est ce qu'un réglement intérieur, à quoi sert-il ?
Pouvez vous m'expliquer : "Maire qui a parfaitement le droit d'instituer un règlement intérieur qui convienne à sa majorité!" ?
J'avoue que j'aimerai bien lire un billet la dessus :-)
Cordialement
Antoine
Rédigé par : Antoine | 06 juin 2008 à 01:16
Monsieur Brazon,
Dans toute assemblée élue, le public est tenu au silence strict....sauf à Puteaux.
Un "public" qui braille, mange et pousse des cris incessants même pour supporter SA Maire, n'est en rien compatible avec l'image d'une démocratie apaisée.
Sur ce fait il est certain que Madame Ceccaldi-Raynaud n'a aucune leçon de correction à donner à qui que se soit !
A l'Assemblée Nationale, on vous met à la porte pour bien moins que cela......
La politesse ne va pas dans un sens unique.
Rédigé par : Régis Sada | 06 juin 2008 à 08:02
Frédéric,
Félicitation pour ce très bon billet et ta réponse à Brazon. Merci encore pour ton action : un rempart aux dérives Ceccaldistes de plus en plus insupportables.
Pour ce qui est de ces personnes qui hurlent, assez de prendre des gants avec ceux dont le comportement est digne de primates incivils : quant au soit disant argument de l’insulte utilisé par Brazon, comme ils ne sont pas sensés hurler lors des conseils, s’ils se sentent insultés qu’ils portent plainte s’ils ont un temps soit peu de courage. Mais pour cela il leur faudrait sortir de l’anonymat qui les protègent lorsqu’ils hurlent et ainsi reconnaître qu’ils se comportent comme des malotrus et ne respectent pas les règles !
Et puisque Madame le Maire n’entends pas demander le calme à ses sbires, je viendrai moi même au prochain conseil pour crier encore plus fort sur leurs cris, et là on verra bien si rien ne se passe. On ne serait me demander de me taire si on ne l’exige pas aux autres. Que Madame le Maire exige de ses affidés le calme si elle a un minimum de respect pour l’institution dont elle a la charge. Rendez-vous est donc pris !
Rédigé par : vincent brack | 06 juin 2008 à 13:14
Je dois être le seul mais moi je trouve ces hurlements dont vous parlez généralement assez drôles.
Car, il faut remettre dans le contexte... qu'on ne peut comprendre que si l'on voit les videos du Conseil Municipal. D'ailleurs j'espère qu'elles vont continuer à exister pour qu'on soit largement informé de ce qui se passe à la mairie (que ce soit pour adresser des reproches à la majorité ou bien à l'opposition, c'est dans les deux sens).
Les hurlements portent sur les sujets les plus sensibles à Puteaux. Par exemple quand certains membres de l'opposition osent dire qu'on devrait construire moins de fontaines, les hurlements et les "ouh!" ne tardent pas.
En tout cas, je ne pensais pas qu'un Conseil Municipal pouvait être aussi animé que celui de Puteaux... C'est très divertissant. D'ailleurs, je commence à me poser la question... si JCR veut limiter les vidéos, c'est peut-être parce qu'elle se renseigne pour savoir si Puteaux pourra se faire de l'argent en vendant ces videos aux grandes chaînes nationales qui préparent leurs bêtisiers de Noël. Je ne pensais pas que les conseils municipaux pourraient les intéresser mais, à la réflexion, voici peut-être un marché fructueux...?
Rédigé par : Florent | 06 juin 2008 à 14:06
Brrrr !!! Le grand(par la taille) Vincent Brack menace. Et le petit (toujours par la taille) ex-directeur de campagne insulte.
Et après on parle de démocratie apaisée, tout un symbole.
Peut etre que si vous etiez plus présent(en dehors des campagnes), lors des cm, l'ambiance serait différente...
Rédigé par : Luc AIT AISSA | 11 juin 2008 à 11:40